En pays berrichon

La Société d'Archéologie et d'Histoire du Berry nous remet un hommage à Jean Landois qui a tant œuvré pour le Berry.

Jean Landois (1923-2015), mémoire vivante du Haut-Berry

              C’est en toute discrétion que Jean Landois a tourné la dernière page d’une longue vie toujours active le 31 décembre 2015 ; il repose désormais avec bien d’autres Landois au cimetière d’Ivoy-le-Pré auprès de son épouse Suzanne Gaillard, décédée en 2000.

              Né à Barlieu en 1923, fils de Jean Landois,  facteur-receveur des postes, et d’Aimée Cordier, sa jeunesse est bercée par les travaux et les jours d’un village animé par nombre d’activités artisanales, de cérémonies religieuses et de fêtes locales souvent rythmées par la musique et les danses. Sa prodigieuse mémoire, ses enquêtes de terrain sur les corps de métiers et le recueil des témoignages des anciens seront à la base de ses recherches ethnographiques et de monographies des communes du Haut-Berry (Pays Fort et Sancerrois). Attaché d’administration il passe de nombreux lustres à la Ville de Paris (1953-1974) - permettant aux collections du Musée du Berry de s’enrichir d’un élément en fonte ornementale des premiers pavillons des Halles de Paris produit aux fonderies de Mazières en 1856 - avant de regagner le Berry en 1974, d’abord à la préfecture puis au Conseil général du Cher (1983-1985). Dès lors il consacre tous ses loisirs à ordonner et à mettre au propre la documentation rassemblée au fil des décennies; il en publie les premiers bilans dans la Bulletin d’information du département du Cher et devient en 1975 un membre actif de la Société d’Archéologie et d’Histoire du Berry - dont il s’honore d’être membre à la 4ème de couverture de chacun de ses ouvrages, comme le faisait naguère le sancerrois Fernand Fouché - avant de prendre une retraite féconde en 1985.

              Féru de généalogie, doué d’une « fine » oreille musicale apte à transcrire sur le papier les airs entendus sur le vif, maîtrisant (avec l’accent !) le parler local au point de contribuer à en étoffer copieusement le glossaire, Jean Landois est l’auteur de publications densément documentées qui dépasse les 70 titres, allant de l’article érudit à la monographie communale, des ménestriers et musiciens aux faits divers oubliés. Transcripteur méticuleux  des actes d’archives, médiateur de la tradition orale et de la sociabilité villageoise de naguère, attentif à la toponymie, sensible aux mouvements de la population, sachant faire parler les cartes postales anciennes, recueillant et mettant en perspective les précieuses  photos de famille qu’il savait se faire confier , Jean Landois était devenu la mémoire vivante du Haut-Berry ; ses écrits en témoignent pour demain à l’instar des  monographies locales rédigés par des instituteurs et des curés sous la IIIe République.

             Outre ses contributions enrichissantes aux éditions successives (1982-1993) du Glossaire du Pays Fort  Jean Landois, de conserve avec Hervé Collas son comparse d’Henrichemont, apporte un éclairage humain et anecdotique non dénué d’humour aux  légendes de centaines de cartes postales anciennes, véritable trésor visuel du Haut-Berry à la Belle Epoque patiemment rassemblé par le collectionneur passionné.

           Aussi c’est quarante années de publication régulière que récompense le Conseil général du Cher en lui attribuant des mains du Président Jean-Pierre Saulnier son prix annuel au cours du 11e Salon du livre d’histoire de Bourges organisé par l’association Agora défense le 31 janvier 2015.

                                                                                               Christian-E. R O T H